Le verdict tombe à la fin de votre chantier de construction neuve : le test d’étanchéité à l’air (ou test « Blower Door ») est non conforme. Le débit de fuite dépasse le seuil autorisé par la réglementation (RE2020). C’est une situation bloquante qui vous empêche d’obtenir votre attestation de fin de chantier. Pas de panique, des solutions existent, mais elles demandent une recherche méthodique des fuites.
Les infos à retenir
- ⚖️ Une obligation légale : Ce test est obligatoire pour toute construction neuve (maison, appartement) afin de valider la conformité à la réglementation thermique (RE2020).
- 📉 Le seuil à ne pas dépasser : Pour une maison individuelle, le débit de fuite (Q4Pa-surf) doit être inférieur à 0,60 m³/(h.m²). Un résultat supérieur entraîne une non-conformité.
- 💨 La cause : des fuites multiples. L’échec n’est jamais dû à une seule grosse fuite, mais à une accumulation de petites fuites au niveau des menuiseries, des liaisons murs/plafond et des passages de gaines.
- 🔧 La solution : la recherche de fuites. La seule solution est de réaliser une recherche de fuites (avec une machine à fumée ou une caméra thermique) pendant que la maison est en dépression, afin de localiser et de colmater chaque point de passage d’air.
Pourquoi ce test d’étanchéité à l’air est-il si important ?
Ce test mesure le « parasitage » de votre maison. Dans une maison moderne et isolée, la ventilation est assurée par une VMC. Toutes les autres entrées d’air parasites (fuites) sont indésirables. Elles créent des ponts thermiques, laissent entrer l’air froid en hiver, provoquent une surconsommation de chauffage et dégradent le confort acoustique.
La réglementation environnementale (RE2020), qui vise des bâtiments très performants, impose donc une enveloppe quasi hermétique. Le test « Blower Door » est le seul moyen de mesurer et de valider cette performance. Sans un test conforme, vous ne pouvez pas obtenir l’attestation RE2020 de fin de travaux, indispensable pour la revente ou la déclaration d’achèvement. Il est également crucial de s’assurer que la gaine de ventilation soit correctement installée pour maintenir l’efficacité énergétique du bâtiment.
Quelles sont les causes les plus fréquentes d’un test non conforme ?
Un échec est presque toujours dû à un manque de soin lors de la phase de second œuvre. Les fuites se concentrent aux points de jonction.
➡️ Les liaisons et menuiseries
C’est le point noir N°1. Les jonctions entre les murs et les menuiseries (fenêtres, portes, baies vitrées) sont une source majeure de fuites si le calfeutrement (joint compribande, mastic…) n’a pas été parfaitement réalisé. De même, la liaison entre les murs et le plafond (jonction avec les combles) est une zone critique.
➡️ Les passages de gaines et réseaux
Chaque fois qu’un câble électrique, un tuyau de plomberie ou une gaine de VMC traverse la membrane d’étanchéité (le pare-vapeur), il crée un point de faiblesse. Si ces passages ne sont pas traités avec des œillets ou des mastics d’étanchéité spécifiques, l’air s’infiltre tout autour.
➡️ Les trappes et coffrets
Les trappes de visite pour les combles, les boîtiers électriques encastrés dans les murs extérieurs, et les coffres de volets roulants non-isolés sont de véritables autoroutes à fuites d’air.
Comment corriger la situation pour obtenir la conformité ?
Si le test initial échoue, l’opérateur du test doit passer en mode « recherche de fuites ». Pendant que la maison est maintenue en dépression, il va utiliser une machine à fumée (qui rend les fuites visibles) ou une caméra thermique (qui montre les infiltrations d’air froid). Le but est de localiser et de marquer chaque fuite, de la plus grosse à la plus petite.
Votre travail (ou celui de vos artisans) consistera alors à reprendre méthodiquement chaque point : refaire les joints de silicone autour des fenêtres, appliquer du mastic d’étanchéité autour des gaines électriques, installer des joints sur la trappe de visite… Une fois toutes les fuites corrigées, un nouveau test complet (une « contre-visite ») est réalisé pour valider la conformité.
L’avis de l’opérateur en infiltrométrie
« Un test qui rate, ce n’est pas la fin du monde, c’est juste le signe que la finition n’est pas au niveau. Mon travail, ce n’est pas de sanctionner, c’est de trouver pourquoi. 9 fois sur 10, le problème, ce sont les gaines électriques qui passent dans les combles. Les électriciens percent le pare-vapeur et ne mettent pas de manchon d’étanchéité. L’air chaud et humide s’engouffre dans l’isolant… C’est une catastrophe pour la performance. La recherche de fuites est là pour corriger ça avant qu’il ne soit trop tard. »
Une étape cruciale pour un bâtiment performant
Un test d’étanchéité à l’air non conforme n’est pas une simple formalité administrative. C’est le révélateur d’un défaut de construction qui impactera durablement votre confort et vos factures. Il est donc crucial de ne pas le prendre à la légère et de réaliser les corrections nécessaires pour obtenir une enveloppe saine et performante, garante de la qualité de votre nouvelle maison.
Foire Aux Questions (FAQ)
🤔 Combien de temps dure un test d’étanchéité ?
L’installation du matériel (la « porte soufflante ») et le test lui-même prennent environ 1h30 à 2h. Si le test est non conforme, la recherche de fuites qui s’ensuit peut durer 1 à 2 heures supplémentaires.
💰 Combien coûte un test et la contre-visite ?
Le prix d’un test d’étanchéité à l’air pour une maison individuelle se situe généralement entre 300€ et 500€. Si le test échoue, la contre-visite après travaux est souvent facturée à un tarif réduit (environ 150€ à 250€).
🏠 Le test est-il obligatoire pour une extension ou une grosse rénovation ?
Oui. Dans le cadre de la réglementation RE2020 (et c’était déjà le cas avec la RT2012), si votre projet de rénovation ou d’extension a un impact sur la performance thermique globale ou crée une nouvelle surface importante, un test d’étanchéité peut être exigé par l’étude thermique.







