Un plombier utilisant une pince à sertir électromécanique sur un raccord de tuyau en cuivre dans une installation de chauffage.

Peut-on sertir du cuivre recuit : normes, outils et méthode

Oui, il est tout à fait possible de sertir du cuivre recuit, et c’est d’ailleurs une pratique courante sur les chantiers professionnels. Le cuivre recuit, vendu en couronne et malléable, est notamment utilisé pour les installations encastrées. Sa grande ductilité impose cependant quelques précautions : il faut utiliser les bons inserts adaptés au diamètre (de 12 à 28 mm pour le cuivre), choisir une pince à sertir avec un profil V ou M adapté, et veiller à ne pas appliquer une force excessive qui écraserait le tube.

Le sertissage sur cuivre recuit est compatible avec les principales pinces du marché (Virax, Rems, Novopress) et présente les mêmes avantages que sur cuivre écroui : rapidité d’exécution, absence de flamme et étanchéité fiable. Si une brasure doit être réalisée à proximité d’un raccord serti, veillez à ne pas chauffer les joints.

Ce qu’il faut retenir

  1. La compatibilité légale : Oui, il est tout à fait possible de sertir du cuivre recuit si le tube respecte la norme NF EN 1057.
  2. 📏 Le calibrage obligatoire : L’utilisation d’un calibreur métallique est indispensable pour redonner une forme parfaitement ronde au tube souple.
  3. ⚙️ Les mâchoires adaptées : Le sertissage doit être exécuté à l’aide d’une pince dotée d’un profil de mâchoire compatible avec le raccord (souvent profil V).
  4. 🛡️ La sécurité du chantier : Cette méthode à froid élimine les risques d’incendie liés à l’utilisation d’un chalumeau à gaz sur le site.

Quelles sont les exigences réglementaires pour le sertissage des tubes souples ?

Le sertissage du cuivre, qu’il soit rigide ou malléable, est strictement encadré en France par le Document Technique Unifié (DTU 60.1) qui régit les installations de plomberie sanitaire et de chauffage. Les textes officiels autorisent la technique de l’assemblage par sertissage à froid sur le cuivre recuit, à condition que le tube possède une épaisseur de paroi en métal minimale conforme aux exigences de sécurité (généralement 1 mm d’épaisseur).

Contrairement au cuivre écroui qui conserve une géométrie circulaire parfaite d’usine, le cuivre en couronne souple se déforme très facilement lors du déroulage manuel ou de la coupe. C’est cette déformation mécanique de la section qui représente le principal danger lors du sertissage. Si le tube n’est pas calibré de façon rigoureuse avant l’insertion du raccord, le joint torique interne en caoutchouc éthylène-propylène-diène (EPDM) sera pincé ou déchiré, provoquant une fuite d’eau invisible à l’œil nu.

L’avis de l’Ingénieur Compagnon Plombier

« Sertir du cuivre recuit demande plus de rigueur que le cuivre rigide. Si vous sautez l’étape du calibrage ou de l’ébavurage interne du tube, votre réseau sous pression fuira au bout de quelques mois à cause des vibrations de l’eau. »


Comment préparer méthodiquement le cuivre recuit avant d’écraser le raccord ?

La réussite de votre raccordement dépend à 90 % du soin apporté aux étapes de préparation du tube en cuivre souple avant l’utilisation de la sertisseuse électrique ou manuelle. Commencez par couper le tube de façon parfaitement perpendiculaire à son axe à l’aide d’un coupe-tube de plomberie de qualité, en évitant d’exercer une pression trop violente qui écraserait la section. Utilisez ensuite un ébavureur de type tonneau pour éliminer les copeaux de métal coupants intérieurs et extérieurs.

L’étape reine consiste à introduire le mandrin d’un calibreur métallique à l’intérieur du tuyau en cuivre recuit, puis à frapper légèrement ou tourner l’outil pour redonner au tube une rondeur géométrique parfaite et constante. Marquez ensuite au feutre indélébile la profondeur d’emboîtement requise sur l’extérieur du cuivre. Cette marque visuelle de sécurité garantit que le tube est enfoncé jusqu’au fond du raccord métallique et que la mâchoire écrasera le métal au bon endroit.

Étape de Préparation TechniqueOutil Professionnel RequisGeste Technique ObligatoireRisque Sanitaire ou Fuite en cas d’Oubli
1. Coupe du tube soupleCoupe-tube à molette pour cuivreSection droite et perpendiculaire à 90°Insertion asymétrique et mauvaise étanchéité
2. Ébavurage des arêtesÉbavureur de plomberie intérieur/extérieurÉliminer les bavures de métal coupantesCoupure ou déchirure du joint torique EPDM noir
3. Calibrage géométriqueCalibreur à frapper ou pince à calibrerRedonner une forme parfaitement ronde au tubeLe raccord refuse de rentrer ou écrase mal le cuivre
4. Marquage de contrôleFeutre fin de chantier ou crayon grasTracer la ligne de profondeur d’emboîtementSertissage hors de la zone du joint (fuite immédiate)

Quels profils de mâchoires et types de raccords utiliser sur le chantier ?

Le choix du raccord à sertir et du profil de la matrice de votre pince est un élément non négociable pour garantir l’étanchéité mécanique du réseau d’eau. Pour les installations en cuivre, le profil de sertissage standard le plus répandu en Europe est le profil V (ou profil Viega). L’utilisation d’une mâchoire inadaptée, de profil TH ou M par exemple, écraserait la bague métallique de façon incorrecte, provoquant un jeu mécanique destructeur sous la pression de l’eau.

Les raccords de qualité professionnelle intègrent une technologie de détection des fuites au remplissage (système de sécurité SC-Contur). Si vous oubliez par inadvertance de sertir un raccord lors du montage de votre réseau de chauffage, celui-ci fuira de façon spectaculaire lors de la mise en eau initiale du circuit. Cela permet de détecter immédiatement l’anomalie de montage avant la fermeture des cloisons en plâtre ou la coulée des chapes de sol de la maison.

  • Le profil V universel : La matrice standard à utiliser sur votre pince pour écraser les raccords en cuivre ou laiton.
  • Les joints toriques EPDM : Intégrés d’usine dans le raccord pour assurer l’étanchéité sur l’eau sanitaire ou le chauffage.
  • La puissance de la sertisseuse : Utiliser une machine développant une force de poussée constante (souvent 32 kN) pour déformer le cuivre.
Différents modèles de raccords métalliques à sertir avec leurs joints toriques noirs intégrés pour tubes de cuivre.

Pourquoi le sertissage à froid surpasse-t-il la soudure au chalumeau ?

La technologie du sertissage mécanique gagne du terrain chaque jour sur les chantiers professionnels en raison de ses nombreux avantages économiques et sécuritaires par rapport à la brasure traditionnelle. Travailler sans flamme élimine de fait le risque d’incendie ou de brûlure thermique, une contrainte majeure lors d’interventions de rénovation compliquées dans des combles isolés avec de la laine de verre ou à proximité de structures de cloisons en bois.

Sur le plan de la productivité, le gain de temps est estimé à plus de 50 % par rapport à une soudure classique à l’étain ou à l’argent. Il n’est plus nécessaire de décaper le métal, d’appliquer du flux de soudure corrosif ou d’attendre le refroidissement complet des tubes pour vérifier l’étanchéité du circuit. Une fois le cycle automatique de la pince achevé (en moins de 5 secondes), le raccordement est immédiatement opérationnel et peut supporter la pression nominale du réseau.

  • Sécurité incendie totale : Aucun permis de feu requis pour intervenir dans les bâtiments publics ou les appartements.
  • Gain de temps majeur : Assemblage ultra-rapide des tuyaux sans temps de chauffe ni de refroidissement thermique.
  • Qualité constante : La machine gère elle-même la force d’écrasement, éliminant les variations liées au coup de main du soudeur.

Quels rituels de maintenance appliquer à votre outillage de sertissage ?

Pour garantir la conformité de vos raccordements sur le cuivre recuit tout au long de l’année, votre équipement électromécanique doit faire l’objet d’un entretien rigoureux. Les mâchoires et les inserts de sertissage accumulent des poussières de chantier ou des micro-fragments de cuivre qui peuvent fausser les cotes géométriques d’écrasement. Nettoyez les empreintes métalliques après chaque chantier à l’aide d’une brosse en nylon et appliquez un spray lubrifiant anti-corrosion.

Respectez scrupuleusement le calendrier d’étalonnage annuel préconisé par le constructeur de votre machine (généralement toutes les 10 000 à 40 000 cycles selon les marques). Un retour en usine permet de vérifier que la pompe hydraulique délivre la juste puissance requise pour déformer la bague en laiton.

Foire Aux Questions (FAQ)

🔍 Peut-on sertir du cuivre recuit pour une installation de gaz de ville ?

Non, c’est formellement interdit par la réglementation gaz (arrêté du 23 février 2018). Le sertissage du cuivre pour le gaz n’est autorisé que sur du cuivre écroui rigide en barre, en utilisant des raccords spécifiques certifiés « ROAI » ou marqués d’une bande jaune distinctive. Le cuivre recuit souple pour le gaz doit obligatoirement être assemblé par brasure forte.

🛠️ Peut-on réutiliser un raccord à sertir en cuivre s’il a été mal écrasé ?

Absolument pas. Le processus de sertissage entraîne une déformation plastique définitive, irréversible et structurelle du métal du raccord et du tube de cuivre. Si vous constatez un défaut d’alignement ou un oubli, vous devez couper la section de tuyau endommagée à la scie ou au coupe-tube et installer un raccord neuf d’origine constructeur.

💦 Une pince à sertir le PER ou le Multicouche fonctionne-t-elle sur le cuivre ?

Seulement si la machine électrique accepte les matrices interchangeables de profil V. Vous ne devez jamais utiliser une mâchoire de profil TH (conçue pour le multicouche) ou de profil H sur un raccord en cuivre ou en laiton. L’empreinte géométrique d’écrasement est totalement différente, ce qui détruirait le raccord et provoquerait une fuite d’eau immédiate.

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